Et si l’IA agentique était le meilleur vendeur possible ? Le point avec nos adhérents McQ et Kiabi 🛍️
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Le 02 octobre 2025

A peine s’est-on familiarisĂ© avec l’IA gĂ©nĂ©rative, que l’on parle dĂ©jĂ  dans le secteur du retail de la prochaine rĂ©volution : celle de l’IA agentique. Une IA plus autonome, plus puissante, que nous vous prĂ©sentions en dĂ©tail dans cette prĂ©cĂ©dente Ă©dition d’In Progress. 

Que va-t-elle changer pour le secteur de la vente ? La promesse d'un parcours d'achat 100% personnalisĂ© par un agent qui connait toutes nos prĂ©fĂ©rences, notre budget et nos besoins, est-elle dĂ©jĂ  une rĂ©alitĂ© ? Comment se positionnent les acteurs français du retail ? On fait le point ensemble avec deux experts de l’écosystème Cap Digital, Ă  l’occasion de POC Booster, notre programme d’open innovation 100% retail qui connecte grandes enseignes et start-up tech.

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Et si l’IA agentique était le meilleur vendeur possible ?

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L’IA agentique pourrait être utile sur plusieurs volets.

Pour Maurad Amara, fondateur de My-Tex et prĂ©sident de MCq, qui accompagne des entreprises sur leurs projets d’innovation, le premier cas d’usage est de fournir un “assistant shopping”. Ne lui parlez pas de chatbot : fini ici, les “robots idiots” qui rĂ©pondent une fois sur deux  Ă  cĂ´tĂ© de la plaque…  â€śLes agents commerciaux peuvent remplacer un vendeur : faire des propositions, des recommandations… Il y a une vĂ©ritable dĂ©marche de vente.” La diffĂ©rence, prĂ©cise-t-il, tient Ă  leur capacitĂ© Ă  croiser plusieurs sources d’information : “Ils peuvent par exemple aller voir la mĂ©tĂ©o Ă  tel endroit avant de proposer un produit.”

Bien intégrés, ces agents permettent des conversations plus fluides, plus riches, et des recommandations plus personnalisées… et donc, plus de conversions et de ventes au bout de la chaine.

“L’IA agentique fonctionne très bien sur la traduction multilangue, la collaboration entre agents, l’association d’informations, et on ne peut que reconnaître sa vitesse : il lui faut 3 secondes pour une tâche qu’un humain ferait en 3 jours”, complète Maurad Amara.

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De gauche à droite : Maurad Amara (My-Tex & MCq), et Akim Demora (Consultant indépendant).

Des sites de e-commerce pensés “pour et
par l’IA”

Pour Akim Demora, consultant indépendant dans le secteur et membre du conseil de Kiabi, si la plupart des innovations avec l’IA agentique se feront, du côté des consommateurs, les entreprises pourront aussi en profiter sur d’autres volets.

Ainsi, les IA agentiques peuvent aider Ă  optimiser l’organisation d’une boutique en fonction des promotions ou du temps qu’il fait dehors, ou mĂŞme suggĂ©rer de nouvelles gammes de produits en analysant les succès de vente. 

“C’est ce que fait dĂ©jĂ  le gĂ©ant Temu, illustre Akim Demora. Le gĂ©ant chinois du e-commerce est dĂ©sormais pensĂ© par et pour l’IA et s’appuie sur des outils capables de dĂ©tecter des tendances, d’analyser le marchĂ© en temps rĂ©el et de concevoir des produits de façon quasi-immĂ©diate” (ce qui amplifie au passage les risques, comme celui des contrefaçons ou copies d’objets tendances).

Une demande forte… mais un potentiel sous exploité

La demande est forte du côté des entreprises, souligne Maurad Amara, qui collabore actuellement avec l’enseigne Kiabi sur un projet basé sur l’IA agentique.

Pour autant, Akim Demora juge le potentiel encore “largement sous-exploité”. “Les acteurs français du retail sont un peu en retard. Mais cela s’explique par des éléments assez simples. À première vue, on peut penser que l’IA est un outil clé en main facile à intégrer, grâce aux propositions des entreprises américaines notamment. Mais toute la difficulté réside dans le fait de devoir mettre en musique ces IA”.

La donnée par exemple, souligne l’expert indépendant, est clé. “Beaucoup d’entrepreneurs tentent d’utiliser l’IA agentique et la jugent inefficace, mais c’est souvent parce qu’ils manquent en interne d’expertise. Un modèle d’IA, pour être performant et pertinent, ne saurait se suffir à lui-même. La data doit être bien travaillée en amont : avec le degré d’autonomie plus important de ces IA agentiques, imaginez les risques si elles s’appuient sur des informations erronées…”.

De la même façon, Akim Demora ne recommanderait pas de recourir à une IA agentique sans s’assurer d’être capable de la contrôler et d’éviter, entre autres, certains effets d’hallucination possibles (invention de données).

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La maturité technologique, pour lui, n’est pas encore atteinte. “Les entreprises peinent à sortir de leurs organisations verticalisées, en silo, quand l’IA demande une vision globale et transversale.” Paradoxalement, ce sont les plus petites entreprises comme les PME qui seraient souvent plus aptes à adopter ces nouvelles technologies.

Outre la technique, les coĂ»ts restent un autre frein de taille. “L’IA agentique n’est souvent pas rentable”, reconnaĂ®t Maurad Amara.

Un bouleversement majeur pour le secteur
du retail

Ces limites mises de côté, le président de MCq recommande tout de même de garder un œil sur les évolutions actuelles. Le secteur du retail doit anticiper un risque majeur : celui de voir le pouvoir de prescription migrer vers des plateformes d’agents IA, voire des agents basés uniquement sur la commande vocale, au détriment des enseignes.

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Recommandation similaire du cĂ´tĂ© d'Akim Demora pour qui le commerce agentique est tout sauf un simple effet de mode : il constitue une vĂ©ritable rĂ©volution, appelĂ©e Ă  transformer en profondeur l’architecture des entreprises et Ă  redĂ©finir leurs stratĂ©gies. L'un des moteurs de cette transformation ? Le marchĂ© publicitaire, qui concentrait 11% des investissements du retail media au premier semestre 2025.

“On peut s’attendre à une véritable redéfinition du commerce, comme plus tôt avec l’arrivée d’internet, puis de Google et ses algorithmes de recommandation”, prévient Akim Demora. “Les commerçants qui souffriront le plus de ces effets seront certainement les marketplaces qui ont une identité moins marquée, poursuit le consultant. Il faut renouer avec l’idée de communauté.”

Pour les deux experts, une conclusion s’impose donc : le retail doit se réinventer. Et la technologie seule ne suffira pas. Les marques devront cultiver leur identité, renforcer leur discours, et proposer des expériences différenciantes pour que le consommateur choisisse d’aller vers elles, plutôt que de suivre uniquement les recommandations de son assistant IA.

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